lundi 17 août 2020

Partir pour mieux rebondir *** 1/2

 

On témoigne des années qui passent inexorablement, en apprenant chaque semaine, sinon chaque jour, le décès d'une personne anonyme ou publique, avec qui on a marché coude à coude. Hors leur mission personnelle, on ignorait leur statut précaire d'être humain. Doucement mais sûrement, ces êtres qui ne sont plus que par leur esprit séparé du corps, sont devenus des compagnons célestes. On commente les récits de Christian Lemieux-Fournier, Partir.

Il y a des livres qui, au premier abord, ne paient pas de mine. On les aborde avec hésitation, on les rejetterait presque. Nous méfiant d'un état d'esprit parfois fatigué, on met ces ouvrages de côté, on passe à autre chose. Puis, on y revient, nous demandant comment et pourquoi notre première lecture a trahi notre appréciation. Cela s'est avéré pour les récits de cet écrivain qui nous était inconnu.

De brèves situations réflexives alimentent les quelques pages de ce livre. Il y est question de naître, de la nécessité de vivre, puis de mourir. D'une manière ou d'une autre, il faut s'ajuster au monde des humains, apprivoiser ce monde qui nous lance parmi les arias de nos semblables, ces arias devenant aussi les nôtres. La mère, anesthésiée, ne sait rien de ce nouveau-né qui ne demande qu'à ouvrir les yeux, accéder à la normalité des choses humaines. Repousser loin de lui les dragons, les loups, les monstres, l'empêchent de capter le premier regard qui se pose sur sa petite personne, celui de sa mère. L'enfant a grandi entre frères et sœurs. Noël apporte ses trésors, la mère, le père, mais la mère surtout, confectionnent les cadeaux de toutes les couleurs, papiers kaléidoscopiques qui seront déchirés en quelques minutes. Anecdotes décrivant, parmi de nombreuses, les difficultés à s'exprimer à l'école, le garçon zézaie. Moqueries de ses camarades, les enfants sont cruels, parfois impitoyables. L'institutrice, surprise et attentionnée. Le diner, avant de repartir vers l'école. Lieu d'autrefois, l'école étant toujours d'autrefois quand nous l'imaginons, un brin de nostalgie enjolivée des moments délicieux de nos jeunes années, comme s'il était nécessaire d'embellir le présent, parfois endolori. Les yeux ouverts, les paupières gonflées de larmes amères, mais instants combien soyeux à la mémoire. La soupe familiale a un goût de première chanson enfantine, les paroles ne s'accordent qu'avec le cœur ficelé à l'univers enfantin. L'écrivain, ou le narrateur, mentionne ardemment sa passion de bouger, de courir après un ballon. « Toute l'enfance qui roule et rebondit. » Les sœurs de l'enfant habitent un monde différent du sien. Chicaneries entre petites filles, secrets futiles. Complicité moqueuse de la mère quand l'une d'elles se guérit d'un mal de tête avec des cachets de mescaline. 

Une attention particulière du narrateur envers la mère qui s'ajuste devant un miroir. Ses six enfants, « bien habillés et bien propres » l'attendent dans la cuisine, elle va chercher son diplôme d'infirmière auxiliaire. Dans ces récits, où l'humour fait foi d'une parfaite union avec la tendresse, la résurgence de séquences familiales ou sociales, le père intervient, confiné dans son rôle d'homme pourvoyeur pragmatique. Bûcheron dans sa jeunesse, comme dans l'ancien temps, confirme l'écrivain d'un œil attendri, le père a décidé de couper un arbre, sous le regard sceptique de la famille réunie. Est-ce un dimanche à la campagne ? Nous ne le savons pas, il y a un lac plus loin. Une balançoire où la mère se réfugie pour lire. Le temps, réservoir inaltérable de souvenances, s'amalgame ici à l'attente, au désir de partir plus loin, la route devient lisse et prometteuse sous les semelles. La joie se mêle à la stridence de la cigale, au soleil qui brille de tous ses feux magiques. L'adolescence s'impose, le sac se fait léger, les journées ressemblent, heureuses, « aux pages d'un livre que l'on feuillette. » Le garçon, à sa manière, fête ses seize ans. 

La révolte ébauchée de l'adolescent rimbaldien, magnétisé devant l'océan Atlantique. Plus tard, la mère en partance vers un rivage encore inconnu. La maladie, la mort, inévitables, s'apprêtent à assombrir l'enthousiasme vital du jeune homme. La mère, dans la salle des soins intensifs. Métaphore inavouée du temps qui éploie la magnificence du récit sur l'agonie de la mère, puis sur sa mort qui ne se résoud plus qu'à une morne plaine, sur l'écran. « Plus qu'une plate ligne horizontale continue. »

La suite de ces souvenances aborde les méandres de la solitude. Ceux du narrateur, victime d'une amnésie partielle. La mort brutale de sa sœur Josée. « Le bébé de la famille. » Évocation de la mort de Mireille, la sœur ainée. Réminiscences percutantes et douloureuses, la vie chemine vers Compostelle. Vagabondage dans un décor à peine souligné, les compagnons du narrateur y tiennent une large place, modelée de leurs bizarreries. L'un des récits qui nous a le plus touchée. On y rencontre l'être humain assujetti à ses failles, soit à lui-même. Marié, père de deux enfants, la solitude fait réfléchir le narrateur, l'homme qu'il est devenu. Il se remémore un saut en parachute avec sa fille, un voyage en montgolfière avec son fils. Plaisir  aéré, ressenti entre ciel et terre. Un dernier trait évocateur de son père, travailleur acharné. Celui-ci veut « couler du ciment pour les fondations de la galerie d'en arrière. » De même que ce père a abattu un arbre, de même le coulage du ciment ne se fera pas sans un humour discret de la part du fils. Cela se termine sur les courts-circuits de la mémoire qui, une fois remise sur ses rails, suggère au narrrateur-écrivain de prendre la vie du bon côté. D'affermir l'existence, si fragile, de fantaisies brodées de ses ratés, « la vérité trouvant toujours à s'installer et à occuper la place qui lui est due. »

Récits qui donnent envie de vivre, hymne généreux aux heures les plus sereines, les plus sombres aussi. Dire qu'on a failli passer à côté de ces moments façonnés par un écrivain qui, en toute simplicité, nous assure que l'existence, aussi rébarbative soit-elle, mérite qu'on la raconte, qu'on la narre, avec ses splendeurs, ses grandes et petites espérances. 


Partir, Christian Lemieux-Fournier

Les Éditions Sémaphore, Montréal, 2020, 80 pages

 

 

3 commentaires:

  1. C'est la chose la plus merveilleuse que j'aie jamais vécue dans ma vie, je n'ai jamais pensé que je sourire à nouveau, mon mari m'a laissé avec deux enfants pendant un an, tous les efforts pour le ramener ont échoué et j'étais désespéré de le ramener à la maison. Je pensais que je ne vais pas le revoir non J'ai lu quelques témoignages sur un lanceur de sorts d'amour Appelé le Dr PADMAN sur la façon dont il a aidé beaucoup de gens à ramener leurs ex amants dans les 48 heures et je l'ai contacté et il m'a assuré que dans les 48 heures heures mon mari reviendra vers moi, je me sens déjà heureux quand j'ai entendu cela de lui, en moins de 48 heures, mon mari m'a appelé et m'a informé qu'il rentrait à la maison a commencé à demander pardon en disant que c'est le travail des démons, alors je ' Je suis encore surpris jusqu'à présent à propos de ce miracle, parce que c'est trop réel pour être réel Je sais que tant de femmes sont là-bas avec le même problème que moi mais je vous dis aujourd'hui qu'il y a une solution pour cela.pour quiconque a besoin de son aide Contactez le Dr PADMAN aujourd'hui via, Adresse e-mail; padmanlovespell@yahoo.com Site Web: http://padmanspell.com/ ou Whatsapp lui au +1949229 3867

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  2. Dieu merci, j'ai cru au Dr ODION après avoir lu tant de témoignages sur son travail et j'ai décidé de le contacter. J'écris mon propre témoignage que je n'aurais jamais cru possible. Avant de rencontrer le Dr ODION, j'avais l'impression que tout cela était des croyances superstitieuses et que le sort n'était pas scientifiquement prouvé, mais ce lanceur de sorts m'a fait croire le contraire. C'EST UN HOMME BON. J'ai récupéré mon ex petit ami avec l'aide de cet homme après 1 an d'essais, mais aucun moyen possible ne semblait le montrer. Si vous lisez un témoignage sur le Dr ODION, c'est vrai. Mon petit ami m'a quitté pendant plus d'un an et j'ai voulu le récupérer et j'ai essayé de le supplier de revenir vers moi, mais il m'a payé des oreilles sourdes et s'est ridiculisé en public. Le Dr ODION m'a été référé par un de mes amis qu'il a également aidé sur mon lieu de travail et je lui ai dit qu'il était superstitieux et idiot de croire à de telles choses fétiches. Mais après tant de réflexions, je suis allé le chercher en ligne et j'ai décidé de le contacter par e-mail. Il m'a rapidement donné son numéro de portable et nous avons aussi discuté un bon moment. Il est le meilleur. Avant que son sort ne fonctionne, j'avais déjà de l'assurance. Dans les 2 jours, mon ex petit ami après 1 an de moquerie d'être un homme inutile, est venu me supplier cette fois. Je ne savais pas ce que cet homme a fait mais il est très bon de le faire pour moi. Je le remercie ainsi que mon ami de le connaître aussi tous les jours de ma vie. Je pense qu'il aidera tous ceux qui viennent à lui à le contacter (drodion60@yandex.com) ou WhatsApp lui +2349060503921.

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  3. Ma vie a été détruite lorsque mon mari m'a envoyé faire mes valises, après 13 ans que nous sommes ensemble. J'étais perdue et impuissante après avoir essayé tant de façons de ramener mon mari à moi. Un jour au travail, j'étais distrait, ne sachant pas que mon patron m'appelait, alors il s'est assis et m'a demandé de quoi il s'agissait, je lui ai dit et il a souri et a dit que ce n'était pas un problème. Je n'ai jamais compris ce qu'il voulait dire par ce n'était pas un problème pour récupérer mon mari, il a dit qu'il avait utilisé un sort pour récupérer sa femme quand elle l'avait quitté pour un autre homme, et maintenant ils sont ensemble jusqu'à ce jour et au début, j'ai été choqué d'entendre quelque chose de Mon patron. Il m'a donné une adresse e-mail du DR ODION, qui l'a aidé à récupérer sa femme, je n'ai jamais cru que cela fonctionnerait, mais je n'avais pas le choix d'entrer en contact avec les dictons que je faisais, et il a demandé mes informations et cela mon mari a pu lui proposer de lui lancer le sort et je lui ai envoyé les détails, mais au bout de deux jours, ma mère m'a appelé pour dire que mon mari implorait qu'il voulait que je revienne, je n'ai jamais cru, car c'était juste un rêve et je a dû se précipiter chez ma mère et à ma plus grande surprise, était à genoux mon mari me supplie de me pardonner qu'il veuille que moi et l'enfant rentrions à la maison, quand j'ai donné au DR ODION une conversation concernant le changement soudain de mon mari et il a clairement indiqué à moi que mon mari m'aimera jusqu'à la fin du monde, qu'il ne partira jamais pour une autre femme. Maintenant, mon mari et moi sommes de retour ensemble et avons commencé à faire des choses amusantes qu'il n'avait pas faites auparavant, il me rend heureux et fait ce qu'il est censé faire en tant qu'homme sans harceler. S'il vous plaît si vous avez besoin d'aide de quelque nature que ce soit, veuillez contacter DR ODION pour obtenir de l'aide. Son email est (drodion60@yandex.com) ou appelez le +2349060503921 OU également sur WhatsApp

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